
Petit matin frais dans la gare RER.
Le soleil joue à cache cache entre deux nuages. Des évangélistes prennent position à coté de l'entrée, ils tiennent dans leur mains le même ramassis d'absurdité qui continue d'aveugler les hommes depuis des millénaires. Ils ne parlent pas, ils attendent qu'une personne affaiblie par la société, bousculée par ses proches ou angoissée par son avenir vienne leur demander de délivrer la bonne parole. Ils n'attendent que ça, les plus fragiles d'entre nous qui glissent puis tombent dans leur bras puis dans leur tirelires...
Pour une fois mon train arrive vite et je me précipite pour mon monter. Certains dorment encore ils rallongent tant qu'ils le peuvent une nuit passée à dormir. D'autres lisent leur "20 minutes", ou discutent de leurs problèmes, de leurs collègues, de tout le mal qu'ils subissent en oubliant bien sûr comme tout le temps tout ce qu'ils peuvent faire subir.
Mon ipod est resté à la maison, mes livres aussi, la mole ivresse du matin m'a trop étourdie sans doute.
Mon téléphone à la main je regarde mes messages, ces vieux textes écrits je ne sais où, dans je ne sais quelle disposition de l'esprit. Tout y passe, messages d'amour, de dragues, propositions décentes ou pas, informartions diverses et variées. Des amis, des exs, des copains, des ex-amants. Alors je n'ai plus qu'une seule envie, virer le trop plein, le superflux. Les messages s'en vont sans crier gar... Des "dsl t'es pas mon style ciao" aux "à très vite je t'embrasse partout" en partant par "merci pour ce moment"... Tous les mêmes à peu de chose près, tous à la recherche d'une même et unique chose... Tout disparait !
Et puis je m'attaque aux numéros de téléphone devenus inutils : les David, Romain, Victor, Seb, Guillaume, Yacine et compagnie. Tous rencontré qu'une fois ou deux, dévétus qu'une fois ou deux... Jamais recontacté, jamais motivé pour autre chose que pour des moments futiles. Tout disparait !
Tout cela disparait donc comme s'ils n'avaient jamais existé...